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2 000 cartons jaunes, and so what ?

par GiraudMalls 10 Octobre 2013, 21:30 Billet d'humeur Entrepreneuriat

Comme beaucoup de mes confrères entrepreneurs, j’ai apprécié le consensus entre la CGPME et le Medef qui ont réuni près de 2 000 patrons mardi soir à la Cité internationale à Lyon. Par contre, outre le buzz qui a été fait sur cette manifestation, quelles vont être ses conséquences ? Je m’interroge et espère qu’il en sera fait quelque chose pour que cela ne se transforme pas en occasion manquée.

Après avoir écouté les présidents nationaux et régionaux du Medef et de la CGPME (Pierre Gattaz, Bernard Fontanel, Jean-François Roubaud & François Turcas) et des dirigeants locaux, nous avons débriefé avec quatre copains chefs d’entreprise dans un bouchon lyonnais. On ne se refait pas ! Je n’ai pas été le seul à avoir trouvé le discours un peu «convenu ». Voire en décalage entre les propos tenus à la tribune et le réel ras-le-bol des 2 000 chefs d’entreprise présents dans l’assemblée.

Notons tout d’abord les points positifs. Le premier a été le consensus entre les deux organisations patronales pour réunir des entrepreneurs locaux dans un même lieu. Quand on se souvient de la guerre entre les deux entités il y a deux ans pour l’élection du président de la CCI de Lyon, on ne peut que se féliciter que tous ces hommes puissent aujourd’hui débattre, ensemble, à une même tribune dans l’intérêt des entrepreneurs lyonnais. C’est une bonne chose.

Deuxième point positif : la présence des politiques et des candidats à la mairie de Lyon en 2014. J’ai trouvé courageux de la part de Gérard Collomb d’être au premier rang. Surtout qu’il a été interpelé, à la fin de la manifestation, par des « Collomb écoute ! » venus de la salle. J’ai apprécié qu’il soit là par rapport aux chefs d’entreprise et surtout par rapport à sa famille politique.

Nous avons brandi nos cartons jaunes, qui seront remis par les deux instances patronales au gouvernement prochainement. Parfait. And so what ? Il faut qu’il y ait une réaction rapide, dans les trois mois. Car je sens qu’il y a une volonté d’aller plus loin. A ce sujet, j'ai eu au téléphone deux confrères, un du transport, un de la distribution, remontés comme des coucous suisses. Faire brûler des pneus place Bellecour ou sur les Champs Elysées ? Arrêter de payer nos charges pendant quelques mois ? Nous sommes mûrs pour agir. Mais dans la légalité de préférence ! Les entrepreneurs en ont assez et sont aujourd’hui prêts à y aller. Il suffit de revenir sur le mouvement des Pigeons. Certes liker sur une page Facebook est plus simple que de descendre dans la rue. Mais je sens, et je ne suis pas le seul, qu’il y a un réel décrochage entre les instances dirigeantes des syndicats, en lien permanent avec le gouvernement, et la base, les dirigeants qui font face chaque jour à l’instabilité réglementaire, à la pression fiscale, aux contraintes administratives. En fait, je crains que Pierre Gattaz et Jean-François Roubaud ne puissent pas contenir très longtemps leur propre base…

D'ailleurs, regardez bien la photo reprise par Libération jeudi matin, les entrepreneurs présents ne ressemblent pas trop aux dirigeants du CAC40 en costard/cravate (qui par définition ne sont que 40). Ce sont des femmes et des hommes comme tout le monde qui ont les pieds bien sur terre, des émotions et des ressentis, pas les yeux rivés en permanence sur leur compte en banque comme certains voudraient nous faire croire. Je pense qu'actuellement ils sont plus inquiets de la survie de leur boite que de leurs profits. Les entrepreneurs ne veulent plus accepter cette situation. Nous sommes prêts à le montrer de façon plus explicite car nous aimons notre pays et nous croyons aux talents de nos salariés, jeunes et moins jeunes, qui sont nos forces vives.

Vous savez, « on n’aime pas les banquiers mais on aime bien son banquier ». Je suis convaincu que c’est pareil pour les patrons de TPE et PME, à quelques exceptions près. Nous, entrepreneurs, sommes donc les porte-parole d’un certain nombre de nos salariés qui, eux aussi, en ont marre. N’oublions l’effet catastrophique du mois de septembre 2012 où nos collaborateurs ont vu leur fiche de paye diminuer de 50 à 100 euros nets de par la fiscalisation des heures supplémentaires. Ces signaux faibles (Les Pigeons il y un an, les 2000 cartons jaunes lyonnais mardi dernier, …) sont la preuve que les entrepreneurs, notamment des TPE et PME, peuvent se mobiliser d’un coup et ce, avec un certain nombre de leurs salariés à leur côté. Sans prévenir.

2 000 cartons jaunes, and so what ?

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